L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada

Radio-Canada et la CBC ont déclaré cette semaine que le projet Phénix était vraiment programmé pour l’échec. En effet, l’analyse de rentabilisation préparée en 2009 sous le gouvernement précédent ne contenait pas d’analyse des risques digne de ce nom et était motivée par des considérations politiques. L’ancien directeur parlementaire du budget déclare même qu’« en regardant cette analyse de rentabilisation, les lacunes de l’analyse des risques sont tellement grosses qu’un autobus pourrait passer dans les trous laissés par ce qui manque ».

Dans un suivi publié le lendemain, le radiodiffuseur public révélait les conflits d’intérêts apparents qui sous-tendent cette analyse de rentabilisation, fondée sur une recherche effectuée par IBM et PricewaterhouseCoopers, qui à leur deux ont par la suite reçu pour 200 M$ en contrats liés à Phénix.

Une révélation qui n’en sera pas une pour beaucoup de nos membres... L’appétit vorace du gouvernement précédent pour les contrats de sous-traitance dispendieux – souvent conclus, prétendaient-ils, pour économiser, toujours au détriment de nos membres – est bien connu. La vraie surprise, c’est qu’aucune des 17 « leçons tirées » d’une analyse « indépendante » de l’initiative de transformation de la paye, également publiée cette semaine ne mettait en cause la sous-traitance.

Essentiellement, l’étude conclut qu’« il faut toutefois évaluer ce qui peut être pris en charge au sein du gouvernement (compte tenu des capacités actuelles) et faire appel au secteur privé de façon créative afin de disposer d’une expertise mondiale et combler les écarts sur le plan des capacités ». Autrement dit, le rapport préconise plus de sous-traitance et non pas moins. Maintenant, peut-on être surpris que des consultants du secteur privé recommandent plus de ce qui est manifestement mauvais pour la fonction publique?

Le gouvernement fédéral actuel continue de compter exagérément sur les sous-traitants pour fournir des services informatiques qui doivent plutôt être confiés à ses employés, qu’il s’agisse du regroupement des systèmes de courriel, de la refonte de ses sites Web, de l’établissement de nouveaux services d’informatique en nuage ou de Phénix. D’ailleurs, ce qui surprend, ce n’est pas le fait que la sous-traitance de la modernisation de la paye (le système de paye Phénix) ait été si mal gérée, mais plutôt celui qu’elle ait reçu le feu vert, malgré les nombreux avertissements, formulés notamment par des syndicats comme le nôtre, avant la mise en œuvre du projet.

En réponse à ces révélations de Radio-Canada et de CBC cette semaine, le secrétaire parlementaire, Steven MacKinnon, a déclaré que ce problème sera réglé à la satisfaction de tous et qu’il le sera avec l’aide des employés de la fonction publique.

On s’en souviendra. Assurément.

Debi Daviau
Présidente

L’Institut se joint au Conseil national mixte (CNM) pour demander des consultations plus nombreuses et de meilleure qualité sur la réinitialisation de l’ensemble des politiques du Conseil du Trésor (CT), une initiative de 2014 visant « à simplifier et à clarifier les instruments de politique et à axer la culture de la fonction publique sur l’amélioration des services et des résultats ». (*)

L’Institut croit que la réinitialisation dépasse son mandat, surtout en ce qui concerne les politiques du CT sur la gestion des ressources humaines. Dans ces politiques, le CT oriente l’initiative vers l’élimination de la responsabilisation claire aux échelons supérieurs et ne fournit pas de lignes directrices sur des questions importantes liées au milieu de travail telles que les garderies, l’équité en matière d’emploi, l’obligation de prendre des mesures d’adaptation, le harcèlement, les conditions d’emploi et bien d’autres.

L’importance et l’envergure des modifications proposées sont telles qu’il faut prolonger et réorienter le processus de consultation pour inclure la participation des comités et d’experts en la matière pertinents du CNM. Ainsi, les consultations et la collaboration entre les parties seront beaucoup plus constructives.

Les agents négociateurs du CNM ont soulevé la question auprès de la dirigeante principale des ressources humaines du Secrétariat du Conseil du Trésor dans une lettre envoyée au début du mois. Nous attendons avec impatience sa réponse à nos préoccupations.

(*) Définition tirée du site Web de l’École de la fonction publique du Canada

INVITATION

aux membres du Chapitre de Québec de l’Institut Professionnel de la Fonction Publique du Canada (IPFPC)

Le sous-groupe NR Ville de Québec invite ses consœurs et confrères membres du Chapitre de Québec de l’IPFPC à assister à une conférence, donnée par l’honorable Ambassadeur de la République de Corée, M. Jin Hur, dressant un portrait de la République de Corée et des enjeux actuels avec la Corée du Nord.

Vous êtes convié à une séance de discussion ouverte le mardi 10 octobre 2017 dans les salles LPR, où Doug Mason, président du groupe VFS, et Al Ravjiani, représentant régional de Toronto, également du groupe VFS, vous renseigneront sur l’entente de principe conclue avec l’employeur. Il y aura deux séances : la première aura lieu à 10 h et la seconde, à 13 h. En raison de la réglementation anti-incendie, seuls les 150 membres qui arriveront en premier pourront entrer. Vous aurez droit à deux heures de temps d’absence autorisé pour assister à cette séance de discussion.

Le Mémoire de l’IPFPC à l’intention du Comité permanent des finances de la Chambre des communes au sujet des consultations prébudgétaires 2018-2019 est maintenant en ligne.

Voici les priorités qui, selon nous, devraient figurer au prochain budget fédéral:

(1) Investir dans l’équité fiscale :

  • Investir 400 millions de dollars chaque année dans le renforcement de la capacité de l’ARC de cibler les transferts abusifs vers les paradis fiscaux, les cas d’évasion fiscale et d’évitement fiscal par les entreprises ainsi que les stratagèmes fiscaux complexes.
  • Consulter les travailleurs de première ligne et investir dans la formation, les technologies et l’infrastructure nécessaires pour suivre l’évolution des cas de fraude.
  • Éliminer les échappatoires et remanier les lois canadiennes en matière de fiscalité et de secret qui rendent possible l’évasion fiscale.

(2) Abandonner le projet de loi C-27 :

  • L’IPFPC recommande au gouvernement fédéral d’abandonner le projet de loi C-27 et de créer un environnement législatif et économique qui favorisera les régimes de pensions à prestations déterminées.

(3) Restaurer la science publique :

  • Embaucher plus de scientifiques et de chercheurs afin de remplacer les 1 500 scientifiques fédéraux perdus avant 2015.
  • Investir dans la capacité scientifique des ministères et des organismes fédéraux au lieu de favoriser seulement les activités non gouvernementales. Les activités scientifiques et la recherche gouvernementale et non gouvernementale sont essentielles pour le Canada.
  • Consulter les scientifiques de l’IPFPC avant que les initiatives d’infrastructure scientifique ne soient mises en œuvre au cours des prochaines années.

(4) Réduire la sous-traitance et favoriser les ressources internes :

  • Le gouvernement devrait créer un groupe de travail avec les syndicats en vue de réduire la sous-traitance, résoudre les problèmes et favoriser le savoir organisationnel au sein de la fonction publique fédérale. Le gouvernement fédéral constitue une des plus grandes organisations de TI au pays. Il devrait tenir compte des conseils de ses employés, faire confiance à leurs capacités et les former afin qu’ils puissent régler les problèmes de demain.
  • Cesser de se fier aux TI et aux autres services professionnels externes afin que l’on revienne aux niveaux de 2005-2006 d’ici 2019-2020.