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Murray Perrett : Une bouée de sauvetage pour l’industrie et la communauté de la pêche au Canada

Murray Perrett est gestionnaire de pêche de zone au ministère des Pêches et des Océans du Canada, à Happy Valley-Goose Bay (Terre-Neuve). Il s’agit d’un rôle important dans une région où la pêche est non seulement un moteur économique majeur, mais aussi « le cœur et l’âme de la communauté ».

Il travaille dans le domaine de la gestion des ressources afin d’assurer le bon fonctionnement et la durabilité des pêcheries commerciales et récréatives. 

« Nous avons un très grand littoral à Terre-Neuve-et-Labrador, et mon travail consiste à veiller à ce qu’il y ait du poisson à pêcher pour les pêcheurs », explique-t-il.


L’industrie de la pêche touche presque tous les habitants de l’île, des équipages des bateaux aux travailleurs et travailleuses des usines de transformation du poisson, en passant par les communautés autochtones.

Une partie gratifiante du travail de Murray consiste à aider les communautés autochtones à obtenir des permis de pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles. Selon lui, l’accès à du poisson frais et local est crucial, étant donné le coût élevé des denrées alimentaires dans les régions nordiques reculées.

Bien qu’il passe la plupart de ses journées au bureau, ce qu’il préfère dans son travail, c’est aller à la rencontre des récoltants locaux.

« Je veux les écouter. Quelles sont leurs préoccupations? Où en est la pêche? C’est l’occasion de leur parler et de savoir ce qu’ils pensent. »

Happy Valley-Goose Bay est une petite ville et Murray est parfois interpellé par des membres de la communauté à l’extérieur du bureau pour répondre à des questions sur la pêche locale. 

« C’est ce qui est bien. Nous travaillons en collaboration avec les pêcheurs pour gérer la pêche ensemble, comme une seule équipe. Même si je suis un fonctionnaire du gouvernement du Canada, nous travaillons en équipe et j’aime beaucoup cela. »

Il est également un fier membre de l’IPFPC. Comme il est attaché à son travail et à sa communauté, il estime qu’il est essentiel d’avoir une représentation syndicale.

« Les fonctionnaires que nous avons travaillent très dur et sont fiers du travail qu’ils accomplissent — et c’est un travail important. J’aimerais simplement que le public voie davantage tout ce que nous avons fait en coulisses. »

Ce n’est pas toujours facile. Murray explique que ce travail peut être stressant car, en cas de problème, des moyens de subsistance sont en jeu.

Il arrive qu’un navire de pêche tombe en panne, ce qui entraîne une perte de revenus pour le pêcheur et sa famille. Il n’hésite pas à travailler en soirée pour leur trouver un nouveau bateau et les ramener sur l’eau le plus rapidement possible et en toute sécurité. 

Une fois, un capitaine est tombé malade à bord d’un bateau et a été évacué, laissant le bateau et son équipement sur l’eau. Murray a rapidement supervisé le processus d’obtention d’une licence de remplacement pour qu’il soit possible de prendre la relève, de poursuivre la pêche et de ramener le produit à terre.

La gestion des ressources nécessite une action rapide, mais aussi de la prévoyance afin de garantir que les ressources halieutiques du Canada profiteront aux générations futures.

« Il est important de veiller à ce que la pêche soit durable à l’avenir afin que ces communautés puissent continuer à prospérer », explique Murray.

« Le changement climatique (est) le grand point d’interrogation », ajoute-t-il. « Nos océans sont en train de changer, et nous voyons ici, au Labrador, des espèces qui n’ont jamais été présentes auparavant. »

Il cite le cas du crabe, une espèce traditionnellement pêchée dans les eaux froides et profondes. Le comportement des crabes change et ils rampent vers des eaux moins profondes pour atteindre le milieu froid qu’ils aiment. 

Lorsque les pêcheurs adaptent leurs pratiques, Murray est présent à chaque étape pour les aider à faire face aux changements.

Le soutien à la pêche est un véritable travail d’équipe. Murray partage un immeuble de bureaux avec d’autres fonctionnaires qui effectuent un travail essentiel dans les domaines des statistiques, de la science, de la conservation et de la protection. Le rythme est effréné et chaque jour peut apporter son lot de nouveaux défis.

Malgré les exigences de son travail, il trouve encore le temps de s’adonner à d’autres passions qui le rapprochent de sa communauté, comme l’agriculture. Il a transmis à ses deux enfants son enthousiasme pour les activités de plein air au Canada et espère que la beauté de leur littoral sera préservée pour les générations à venir

« Cette ressource appartient au Canada. Elle appartient à la population. Nous gérons cette pêcherie pour qu’elle soit durable et pour qu’il y ait toujours des poissons dans l’eau qui peuvent être récoltés de manière durable et qui seront là pour l’avenir. »

Murray croit en son travail ; il croit en la protection des ressources du Canada (nos océans, notre faune et notre flore) et des communautés qui sont au cœur de ces ressources.