OTTAWA, le 5 février 2026 – Alors que les employé·es fédéraux sont confrontés à des suppressions d’emplois, à des réductions de programmes et à une incertitude permanente, le gouvernement fédéral s’apprête à imposer un nouveau mandat de retour au bureau (RAB). L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) demande au gouvernement d’expliquer pourquoi les employé·es sont contraints de retourner au bureau, malgré des années de rendement démontré et des preuves de la façon dont le travail à distance favorise le recrutement et le maintien en poste.
« Ce mandat n’a rien à voir avec le rendement, la collaboration ou le service aux Canadien·nes », déclare Sean O’Reilly, président de l’IPFPC. « C’est une question d’apparence, imposée à une main-d’œuvre déjà confrontée à des licenciements, à des réductions budgétaires et à un lieu de travail déjà en proie au chaos. »
Lors d’une réunion avec l’IPFPC vendredi dernier, les représentant·es du Conseil du Trésor ont déclaré aux dirigeant·es syndicaux qu’ils/elles ne disposaient d’aucune information sur la date à laquelle un nouveau mandat de RAB serait annoncé ou sur ce qu’il impliquerait. Cette assurance est aujourd’hui en contradiction directe avec les actions du gouvernement.
« Soit les hauts fonctionnaires responsables de la politique relative à la main-d’œuvre ont été tenus dans l’ignorance, soit les représentant·es syndicaux n’ont pas été informés de la vérité. Dans les deux cas, cela n’inspire pas confiance », poursuit M. O’Reilly. « De plus, cette nouvelle directive contraste fortement avec les opinions exprimées publiquement par le premier ministre Mark Carney, qui a longuement écrit sur les avantages économiques, sociaux et en matière de rendement du travail à distance et flexible. »
Dans Value(s) (2021, pp. 613–614), M. Carney fait l’éloge de l’efficacité et des avantages humains du travail à distance, écrivant : « La transition entre la maison et le travail ne nécessite que quelques pas entre le lit et l’ordinateur… Je préfère ça. » Il a également souligné que la flexibilité et l’emploi axé sur les objectifs sont essentiels pour attirer et maintenir en poste une main-d’œuvre moderne.
Les employé·es fédéraux préféraient cela aussi.
Au cours des dernières années, les employé·es s fédéraux ont fourni des services cruciaux aux Canadien·nes tout en s’adaptant à des modèles de travail en constante évolution, souvent dans des conditions très difficiles. Aujourd’hui, au milieu des suppressions d’emplois et de programmes, on leur ordonne de retourner au bureau, malgré des années de rendement démontré, malgré les preuves concernant le recrutement et le maintien en poste, et malgré les arguments publiés par le premier ministre lui-même.
« Il est difficile de ne pas voir l’ironie de la situation », ajoute M. O’Reilly. « Le gouvernement abandonne les principes mêmes que son propre premier ministre a défendus. M. Carney utilise un ensemble de valeurs dans ses publications, et un autre dans la pratique. »
L’IPFPC demande au gouvernement de suspendre le nouveau mandat de RAB, de publier les preuves qui le justifient, et de dialoguer de manière constructive avec les fonctionnaires et les syndicats avant d’imposer une nouvelle décision prise au sommet qui ignore l’expérience vécue.
L’IPFPC représente plus de 85 000 professionnel·les de la fonction publique à travers le pays, dont la plupart sont employés par le gouvernement fédéral. Suivez-nous sur Facebook et Instagram.
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Source : Johanne Fillion, 613-883-4900 (cellulaire), jfillion@pipsc.ca

